l'Illusionniste..
Me voilà pathétiquement assis dans ce tombeau de l'humanité, les yeux ardemment rivés sur un dernier cadre de ciel, quelques nuages, un toit, une cheminée, autant d'images damnées que je ne veux plus voir, et ce miroir de vie, cette vision surréelle, paradoxalement, souligne la réalité.
Mon cerveau s'enterre dans ce champ gazeux,
Mon corps se perd entre ces doigts plumeux,
N'est-il permis de croire à la banalité, à la triste ritournelle de ce quotidien, qui, fusionnant avec mon âme en une rouille d'airain, fait vibrer mon c½ur d'émeraudes pensées ?
N'est-il permis de naître dans l'éternité, d'éclore le jour, au crépuscule, la nuit et à l'aurore, et, tel leur Dieu créateur, de renaître infiniment plus puissant chaque matin, afin d'avoir le jour pour se créer un monde, en ronde d'amertumes pour un cruel destin :
Le rêve et l'utopie sont postérieurs à l'acte.
Alors mon âme souffrante, mon âme à l'agonie,
Mon cerveau qui s'enterre dans ce champ gazeux,
Mon âme qui se perd entre ces doigts plumeux,
Tous trois moururent ensemble pour ne laisser qu'une écharpe, noire et naïve...